PEUT ON DISSERTER SUR NOS ORIGINES ?

par | Oct 25, 2025 | Philosophie de cosmologie | 0 commentaires

Chers poissons rouges !

C’est avec un immense plaisir que je vous retrouve au mi – temps de ce joli mois d’octobre au cours duquel nous apprécions la douceur de quelques tendres caresses ensoleillées de notre étoile en lieu et place de celles beaucoup plus énergétiques et brûlantes de la période estivale…

Vous avez été nombreux à me témoigner votre admiration concernant les photos des nébuleuses publiées le mois dernier dans l’article « astronomie astrophotographie » (chap. 2)) et je suis ravi de constater que ces cadeaux du ciel ont rendu certains poissons rouges heureux « comme des poissons dans l’eau », sans euphémisme.

Dans l’article ci-dessous, nous allons changer de « registre » et PRG vous invite à quelques modestes réflexions philosophiques ….

Des mots, encore des mots.

L’idée de PRG (poisson rouge GOLDILOCKS) sera d’aborder les questions que beaucoup d’entre nous se posent sur notre ou nos origines avec un effort de réflexion philosophique en lien avec les enjeux récents de la cosmologie actuelle.

Il est tout d’abord nécessaire pour aborder la question de l’origine de re – préciser ce qu’est la « cosmologie ».

Si par le passé la cosmologie était une théorie philosophique sur la connaissance de l’univers d’un point de vue expérimental ou métaphysique, le sens est plus précis et plus restreint aujourd’hui : c’est la science des phénomènes naturels de l’univers pris dans leur totalité ou dans leur GLOBALITÉ. Mais il faut savoir que ce n’est pas une théorie du TOUT ce qui existe, puisqu’elle ne fait que rassembler et ordonner ces phénomènes en une totalité.

Pour le philosophe, la notion d’univers est bien différente et beaucoup plus large puisqu’elle englobe les êtres imaginaires, les phénomènes de conscience, et toutes choses ayant un support physique mais qui n’existent pas au même sens que ces supports. Les « systèmes métaphysiques » du passé qui pourraient être en apparence dépassés se retrouvent curieusement dans les problématiques actuelles, et à titre d’exemple je pourrai citer les liens entre lois physiques et univers, le temps et la flèche du temps, l’univers unique ou possible multivers…etc. Cette discipline est donc, à la fois globalisante mais encore, au risque de me répéter, incomplète en visant le TOUT et ne saurait être considérée comme théorie du TOUT.

Revenons donc à la cosmologie dans le sens où elle ne s’occupe que des « choses » ayant une existence physique ou matérielle. C’est donc à cette « cosmologie contemporaine » que l’on peut oser poser la question de l’ORIGINE.

LA QUESTION DE L’ORIGINE

Au préalable je rappellerai, comme vous pouvez vous en douter, que cette question fait l’objet d’une « concurrence » entre science et religion, dans une « zone sombre » ou physique et métaphysique s’entremêlent. Mais cet affrontement n’a pas de raison d’être… la religion n’a pas raison contre la science et celle-ci n’a pas raison contre la religion ! C’est un faux problème ; pourquoi ? parce que personne n’y répond jamais vraiment.

Concernant la religion (ou les religions) et son caractère métaphysique, PRG ne s’étendra pas, bien que la science concède aussi parfois du bout des lèvres que la question de l’origine puisse conserver quelque chose de métaphysique…

En ce sens, revenons donc à la cosmologie contemporaine.

Les cosmologistes, physiciens et astrophysiciens ont reconstitué le grand récit de l’univers dont les preuves observationnelles ne font désormais plus aucun doute. Ce récit de 13,8 milliards d’années est révolutionnaire car personne avant les scientifiques n’avait pu le raconter, balayant au passage les cosmogonies traditionnelles. Mais que constate-t-on ? Que dans ce récit il n’est jamais question de la genèse à proprement parler ; prenant de façon simplifiée le déroulement « généalogique » il est question d’une succession d’évènements : les atomes qui nous constituent proviennent des étoiles, les étoiles proviennent de nuages de gaz et de poussières, ces nuages proviennent de phase chaudes et très anciennes… donc des transitions d’états, d’étapes, de commencements ayant précédé d’autres commencements !

« À chaque source on associe le rocher dont elle jaillit »

Dès que nous apercevons une possible « origine première », celle-ci se révèle être un commencement précédant un autre commencement ou bien même un prolongement voire un achèvement.

A défaut donc de pouvoir disserter sur nos origines, il me paraît important de questionner la question elle-même …

La question est dérangeante, presque impossible

En effet, on peut parler beaucoup de l’origine mais comme la réponse est silencieuse, le langage est impuissant car la description va rencontrer sa propre butée (on décrit l’univers jusqu’aux premiers milliardièmes de seconde après l’instant initial) …

Par ailleurs, en s’interrogeant sur le passage du néant à l’être, on se doit d’envisager une « entité » une « chose », un « moteur » de la transition qui transforme un rien en quelque chose qui n’est pas rien… Le « il était une fois » des contes de fées n’explicite jamais ce processus et on ne sait rien de ce « il » mystérieux dont on suppose sa présence pour que l’histoire commence ! On s’en tiendra donc aux théories cosmologiques supposées qui ne connaissent pour l’instant aucune validation scientifique (voir article « rencontre insolite »)

Mais la question est inévitable et à ce jour insoluble

Si l’on ne peut disserter sur les origines, on ne peut tout de même pas éviter la question de l’origine pour les raisons suivantes :

  1. Parce que l’univers a une histoire : ce n’est pas une affaire instantanée ni stationnaire, donc on se pose évidemment la question du commencement et les scientifiques cherchent toujours en arrière les conditions explicatives du présent et la prédiction du futur s’appuie sur la connaissance du passé. De cette façon appréhender la fin ne peut se concevoir que si nous connaissons le début, la question est donc inévitable. Par déterminisme et causalité, la connaissance de la fin apparaît fixée par celle du début.

  2. Si la question est donc inévitable, il faut reconnaître qu’elle est presque impossible puisqu’en questionnant le passage du néant à l’être on bute systématiquement sur un paradoxe insurmontable, « cette entité » qui transforme le rien en quelque chose qui n’est pas rien, et qui est insaisissable.

Mais alors, l’origine de l’univers appartient elle à l’univers ?

Voilà une question troublante, je vous l’accorde…

D’une manière générale, on parle de l’origine d’une « chose » comme si elle faisait partie de cette chose ; on peut donc raisonnablement penser que l’origine de l’univers appartient à l’univers, faisant partie intégrante de son histoire et qu’elle se confond avec son début.

Mais alors ? en sommes-nous bien sûr ?

S’interroger sur le fondement de l’univers c’est considérer qu’il n’a pas en lui-même son propre fondement, que le principe de son existence ne se trouve pas en lui-même et qu’il a lieu de chercher son origine en dehors de lui-même.

La cause du monde serait-elle à l’extérieur du monde ? si cela s’avère être le cas, cela revient à considérer que l’univers n’aurait pu ne pas être et donc à s’interroger sur le lien existant entre l’origine de l’univers et lui-même.

Par quel processus l’origine de l’univers est devenue univers ?

C’est toute la question de l’émergence et elle reste ambiguë. Cette émergence correspond – elle à l’apparition de propriétés nouvelles et qui étaient inexistantes, ou bien est-elle une « actualisation » de propriétés déjà existantes, discrètes ou inactives issues d’autres lois physiques ?

Alors Faut- il peut – être reconnaitre que la notion « d’origine » est ambiguë…

Effectivement on peut relever deux significations du mot « origine » :

Soit c’est la cause première de la totalité de ce qui existe et on ne peut pas remonter au-delà … Il faut donc la distinguer de ce qui a précédé et de ce qu’elle a produit car elle est autonome et créatrice et seule la métaphysique peut lui donner un sens et la cerner.

Soit c’est un fondement premier de tout ce qui existe, à savoir par exemple un vide quantique, ou un concentré de rien qui peut s’outrepasser et se dépasser, ou bien même une somme de hautes énergies quantiques… va -t – on savoir…

Pour les poissons rouges « experts », les deux significations « cause première et fondement logique » permettent de préciser la relation qu’entretient l’origine de l’univers avec l’univers dont elle est l’origine…

Soit on est en présence d’un point de vue chronologique et transcendant (un principe extérieur et supérieur) soit on est en présence d’un point de vue logique et immanent (un principe contenu dans la nature de l’univers). A ne pas confondre les deux…

On retrouve ces deux approches en réponse à la question « qu’est-ce que l’origine du temps ? » pour laquelle PRG présentera un article lors d’une longue série de publications sur « Le temps et l’entropie » mais aussi sur les questions « d’où vient le temps ? » et « d’où vient que le temps passe ? »

Est-ce que chers poissons rouges vous me suivez toujours ???

Bien, il me semble que nous en resterons là pour cet article, la suite à venir prochainement et au cours de laquelle PRG évoquera la difficulté à saisir le changement, c’est-à-dire au cas présent le passage du néant (?) à l’être en particulier, à moins que la question ne soit peut-être qu’une affaire de langage …

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« Le plus beau sentiment du Monde, c’est le mystère »

« Celui qui n’a jamais connu cette émotion, ses yeux sont fermés »

(ALBERT)

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