Cette rétrospective s’articule autour de trois chapitres distincts
PRG a fait le choix de sélectionner 3 articles publiés en 2025 et me paraissant essentiels, car représentant des progrès extraordinaires dans leurs domaines respectifs.
Tout d’abord, dans un environnement proche, le célèbre satellite d’astrométrie GAÏA vient de nous préciser la place de notre système stellaire dans la GALAXIE ainsi que les positions d’une fraction importante d’étoiles qui nous entourent grâce à une cartographie très précise élaborée avec une extrême précision, ce qui n’avait jamais été fait auparavant. Nous pouvons espérer dans un proche avenir détenir une carte détaillée de notre galaxie avec l’emplacement des 100 à 200 milliards d’étoiles qui la peuplent. Imaginez donc avoir en main une carte de la galaxie comme celles que vous utilisez, format papier ou numérique, préalablement à la visite d’une région ou d’un pays sur notre belle terre. Malgré ce, en raison de nos technologies limitées en ce 21 -ème siècle, les voyages intra galactiques ne sont pas encore à l’ordre du jour, mais réjouissons-nous dans l’immédiat de ces nouvelles connaissances de notre environnement grâce aux actions vertueuses de nos astrophysiciens.
Vous pouvez retrouver le premier chapitre sur GAÏA publié précédemment en janvier 2026.
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PRG vous présente ci-dessous LA SUITE
1/Le premier relevé du télescope spatial européen EUCLID concernant la morphologie des galaxies ainsi qu’un état actuel du dernier recensement des exoplanètes découvertes en nous fournissant un bestiaire tout à fait nouveau de celles-ci.
2/Les derniers relevés précis du taux de la vitesse d’expansion de l’univers fournis par l’ACT, l’ATACAMA COSMOLOGY TELESCOPE ayant l’ambition de mettre un terme à la tension (TENSION DE HUBBLE) régnant dans ce domaine et qui s’est traduite antérieurement par des résultats différents selon que l’on mesurait cette vitesse dans l’univers proche ou lointain que ce soit dans le temps ou dans l’espace.
Jamais des mesures aussi précises n’avaient été réalisées depuis une quinzaine d’années…Peut être une valeur actuelle du taux d’expansion H0 (H pour HUBBLE et 0 (zéro) pour « maintenant ») qui fera consensus.
Voilà à mon sens les trois informations majeures qu’il convenait d’évoquer.
EUCLID ET L’ATACAMA COSMOLOGY TELESCOPE
EUCLID
(EUCLIDE Mathématicien grec considéré comme le père de la géométrie)
TELESCOPE SPATIAL DE COSMOLOGIE
OBSERVATEUR DETECTIVE DE L’UNIVERS SOMBRE
GEOGRAPHE ET GEOMETRE DU COSMOS
LE MOT DE PRG
Ce n’est pas par choix hasardeux qu’il a été donné le nom de EUCLID à cet instrument magnifique, cette sonde spatiale hors du commun et cela fut fait en l’honneur du célèbre mathématicien de génie de la Grèce antique.
EUCLIDE est l’auteur d’un traité de mathématiques constitué de théorèmes portant notamment sur la géométrie (euclidienne) et l’arithmétique ; ce personnage a déjà été mis à l’honneur avec un astéroïde de la ceinture principale située entre Mars et Jupiter qui porte désormais son nom et qui a été découvert en septembre 1960.
Mais quoi de plus naturel en somme que de donner son nom à ce télescope spatial qui se propose de déterminer les topologie et formes de l’univers en essayant de percer les mystères de l’énergie noire et de la matière sombre, lien apparaissant indéfectible à ce jour entre matière et espace.
PRG se plait à dire régulièrement « la matière donne la forme de l’univers et ce dernier donne la trajectoire à la matière ». Une danse majestueuse et mystérieuse, mais…
Essayons d’y voir plus clair…

EUCLIDE vers 300 ans avant notre ère (?)
(Crédit photo WIKIPEDIA)

Vu d’artiste d’EUCLID (Crédit photo ESA/EUCLID CONSORTIUM/NASA)
QUELQUES INFOS SOMMAIRES
EUCLID est donc un télescope spatial de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui a quitté la Terre en juillet 2023 pour une mission initiale de 6 ans. Dédié à la COSMOLOGIE, il prend la suite d’HIPPARCOS, premier engin spatial qui a mesuré les distances entre les étoiles dans les années 1990. Beaucoup plus performant, les objectifs d’EUCLID successeur d’HIPPARCOS sont nombreux :
Cartographier un pan de l’univers (un tiers de la voûte céleste) pour faire avancer nos connaissances sur les origines et l’évolution de l’univers (ASTROMETRIE).
Déterminer l’expansion de l’univers et son accélération qui serait due à une énergie mystérieuse appelée « énergie noire » ou parfois « énergie sombre » et ce en sondant les époques cosmiques (en remontant dix milliards d’années dans le temps).
Comprendre l’importance, le rôle et la distribution d’une matière mystérieuse ou exotique dite « noire » qui s’interpose entre les galaxies et dont l’existence, bien qu’elle soit invisible à nos yeux, ne soit contestable.
Observer les milliards de galaxies et leurs évolutions, ainsi que les grandes structures de l’univers dans le visible et le proche infrarouge (EUCLID photographiera à terme 1.5 milliard de galaxies).
NOTA PRG : EUCLID est différent du satellite PLANCK ; ce dernier a cartographié la structure de l’univers primordial alors qu’EUCLID dresse la carte de l’évolution desdites structures, analyse la matière visible et la matière noire pour en déduire le taux d’expansion de l’univers à différentes époques. (Taux et vitesse d’expansion feront l’objet du troisième chapitre de la présente série).
Les outils d’EUCLID sont nombreux et disparates :
Sur le satellite en lui-même, deux instruments : un IMAGEUR qui observera en lumière visible (VIS) et un SPECTRO IMAGEUR (NISP) pour observer en proche infrarouge.
Dans l’espace, en utilisant ce que la nature nous offre :
Les lentilles gravitationnelles qui mesurent la distorsion des objets lointains provoquée par la matière qui s’interpose entre les objets et l’observateur. Deux cas particuliers de lentilles sont « l’anneau d’einstein » et « la croix d’einstein » (ce sont des phénomènes prédits par la relativité générale d’Albert (théorie de la gravitation).
Une masse importante (exemple une galaxie un trou noir) courbe l’espace-temps … donc la lumière d’un astre lointain que nous observons depuis la terre est déviée par cet objet situé entre la source et nous-mêmes qui observons, ce qui permet de mesurer la matière noire, la masse de l’objet et surtout grossir les objets lointains, mais aussi étudier au mieux l’expansion de l’univers.
Cette loupe cosmique créée par la gravité déforme et amplifie la lumière.
Les oscillations acoustiques des baryons : traces ou empreintes laissées par le plasma primordial à la suite de fluctuations quantiques dans les premiers milliers d’années qui suivirent le big bang.
Appelées également BAO, ces ondes sont des ondulations de densité de la matière dans les premières centaines de milliers d’années après le big bang qui se sont figées lorsque l’univers s’est refroidi environ 380 000 années après. Les BAO sont « l’étalon » cosmique qui permet de comprendre comment l’univers s’est dilaté, comment les galaxies se sont « distribuées », quel était le taux d’expansion de l’univers, quelle était la quantité de matière à cette époque mais aussi et surtout mieux appréhender les propriétés de l’énergie sombre. Les BAO sont les « fossiles sonores « de l’univers primordial d’il y a 13.8 milliards d’années.
Les cisaillements gravitationnels qui sont la conséquence de la déflexion de la lumière engendrée par la matière modifiant ainsi la courbure de l’espace – temps. Cette matière est en partie visible mais aussi pour l’essentiel invisible car constituée de matière noire permettant ainsi de la localiser et de la quantifier.
Mêmes effets que les lentilles gravitationnelles mais avec des effets de déformations plus accentuées et dont les analyses sont plutôt orientées vers la répartition de la matière noire (invisible autrement) et les propriétés de l’énergie sombre.

Lentilles gravitationnelles fortes observées par EUCLID
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MORPHOLOGIE DES GALAXIES ET RECENSEMENT DES EXOPLANETES
MORPHOLOGIE DES GALAXIES
Les galaxies ont fait l’objet très tôt d’une classification par un astronome des plus célèbres : EDWIN HUBBLE. En 1936, il a établi une classification sous forme de diagramme, appelé « FOURCHE DE HUBBLE » ou « SEQUENCE DE HUBBLE » qui répertorie les objets selon leurs formes. En simplifiant, ce diagramme comportait trois branches : les galaxies spirales, les galaxies elliptiques et une troisième branche regroupant les sous catégories pour les diverses autres galaxies dont les spirales barrées et les irrégulières.
Euclid (et son consortium de 2600 scientifiques) vient donc de nous offrir la nouvelle version sous la forme d’un catalogue !
Quel progrès :
Les galaxies spirales simples, les intermédiaires et les barrées dans un premier temps, puis les spirales vues par la tranche et donc difficile à classifier.
Ensuite EUCLID catégorise les galaxies naines et les galaxies en interaction, c’est-à-dire déformées par la présence d’autres galaxies proches.
Ceci est son premier catalogue et il y en aura d’autres puisque EUCLID a pour mission de cartographier l’univers sur une profondeur de 10 milliards d’années-lumière en étudiant aussi l’évolution des grandes structures.

Crédit photo ESA/EUCLID CONSORTIUM/NASA JC Cuillandre L Quilley F Marleau
EUCLID REVELE UN TRESOR DE DONNEES ET UN APERCU DES CHAMPS PROFONDS
Le 19 mars 2025, la mission Euclid de l’Agence spatiale européenne a publié son premier lot de données, dont un aperçu de ses champs profonds. Ici, des centaines de milliers de galaxies de formes et de tailles diverses occupent une place centrale et donnent un aperçu de leur organisation à grande échelle dans la toile cosmique.
RECENSEMENT DES EXOPLANETES
La recherche et la détection d’exoplanètes n’est pas le principal objectif d’EUCLID, missions confiées à deux autres télescopes spatiaux que sont KEPLER et TESS.
Malgré ce, et c’est la grande surprise, observer des milliers de galaxies et les champs profonds de l’univers puis réaliser et cartographier un relevé du ciel lui permet de détecter également des exoplanètes de manière indirecte et secondaire. EUCLID contribuera donc à caractériser des exoplanètes et participer à leur grand recensement.
On dénombre à ce jour plus de 8 000 exoplanètes détectées dont la majorité sont des super terres, des mini Neptunes ou bien des Jupiter chaudes car celles-ci sont les plus faciles à détecter. En ce sens EUCLID va surement enrichir le catalogue avec par exemple la découverte de planètes – océans. Les détections actuelles favorisent donc les grosses planètes, les planètes proches de leurs étoiles et celles en orbite courte.
A ce jour EUCLID a découvert une nouvelle catégorie d’exoplanètes : les exoplanètes errantes, c’est-à-dire planètes sans étoiles, solitaires et orphelines du cosmos !
EUCLID de même que le JWST ou bien le futur observatoire spatial PLATO (2027) auront un rôle à jouer dans cette merveilleuse aventure et nous ne sommes pas au bout de nos surprises …
L’ATACAMA COSMOLOGY TELESCOPE
Le mot de PRG
Le « Cosmic Microwave Background (CMB) », est le rayonnement fossile qui emplit l’univers depuis que ce dernier s’est refroidi 380 000 ans après le big bang. C’est la plus ancienne lumière observable de l’univers. Détecté par hasard en 1964, il baigne tout le cosmos à une température proche du zéro absolu de 2.725 kelvins (moins 270° C). Sil ne permet pas d’affirmer de façon incontestable qu’il y a eu un commencement de l’univers, il permet de valider le fait que l’univers observable était autrefois plus chaud et dense et ce en remontant son expansion.
Malheureusement pour l’observation (mais heureusement pour les terriens), notre atmosphère terrestre contient de La vapeur d’eau. Celle-ci émet un rayonnement micro-ondes qui perturbe les mesures du fond diffus cosmologique, en anglais CMB. La vapeur d’eau dans l’atmosphère nous protège d’un refroidissement trop important, mais aussi absorbe une fraction du rayonnement infrarouge provenant du soleil.
. C’est la raison pour laquelle les télescopes dédiés à l’étude du CMB sont situés dans des régions arides de haute altitude.
L’observatoire ACT dont il est question ici se trouve sur le plateau aride et élevé (mais facilement accessible) de CHAJNANTOR, dans la cordillère des Andes, au cœur du désert d’Atacama , au Nord du Chili, et surnommé « le paradis des astronomes.
Grâce aux conditions d’observation exceptionnelles du désert plusieurs autres observatoires sont implantés dans la région, notamment l’ ALMA, proche de San Pédro d’Atacama où s’est rendu PRG en février 2025.

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L’ATACAMA COSMOLOGY TELESCOPE


QUELQUES INFOS SOMMAIRES
Le télescope cosmologique d’Atacama (ACT) est un radiotélescope de six mètres construit sur le CERRO TOCO dans le désert d’Atacama au Nord du Chili. Il est conçu pour cartographier le ciel en micro-ondes avec une haute résolution afin d’étudier le fond diffus cosmologique. Situé à une altitude de 5 190 mètres, il fait partie des plus hauts télescopes permanents du monde.
LES ENSEIGNEMENTS
En mars 2025 l’équipe de l’ACT a publié sa dernière livraison de données sur les mesures les plus précises du fond diffus cosmologique. On peut désormais :
Confirmer le modèle cosmologique standard appelé « LAMBDA COLD DARK MATER » LCDM à l’aide de cartes les plus précises du fond diffus cosmologique : c’est-à-dire
Mesurer les paramètres du lambda CDM
Estimer l’âge de l’univers et sa composition (matière ordinaire, matière noire et énergie noire).
Cartographier la matière noire
Détecter les amas de galaxies
Constater que L’univers possèderait une géométrie globalement plate ;
Améliorer les contraintes sur la matière noire, les neutrinos et l’énergie noire.
Mais au-delà, à mon sens le plus révolutionnaire, est son rôle dans la tension de HUBBLE en déterminant une valeur de cette constante à partir du FOND DIFFUS COSMOLOGIQUE et déterminée à 68 kms/seconde par mégaparsec, proche de la valeur de celle trouvée par le satellite PLANCK.
Un méga parsec est un cube d’univers dont le côté mesure 3.26 millions d’années-lumière. L’expansion de l’univers s’exprime en kilomètres par seconde d’après cette « constante » (qui n’en est pas vraiment une, je pense).
PRG vous renvoie ainsi vers l’article rédigé à cet effet afin de bien comprendre pourquoi il est important de disposer d’une valeur exacte de la vitesse à laquelle grandit l’univers par rapport à sa taille à un instant donné, et que nous disposons à l’heure actuelle de 2 résultats différents selon les méthodes employées (mesure à partir du fond diffus cosmologique, soit 68/kms/s/Mpc ou bien à partir des étoiles variables appelées céphéides qui nous donne 73/kms/s/Mpc.
Pour la petite histoire, PRG a signalé à sa revue préférée une erreur de retranscription au sujet de la vitesse d’expansion de l’univers et qui a fait l’objet d’un erratum ci-dessous. Je tiens à souligner que la revue CIEL ET ESPACE est excellente et fiable et je conseille vivement aux lecteurs du blog de s’y abonner, si ce n’est déjà fait, preuve en est de la prise en considération des remarques que l’on puisse lui adresser. Merci à « CIEL et ESPACE ».

Mais si les mesures précitées s’avéraient exactes bien que différentes quant aux résultats, comment l’expliquer ???
Je vous laisse le soin d’y réfléchir et avec un peu de connaissances obtenues dans la lecture des articles du blog et du bon sens vous devriez trouver …. Réponse dans l’article à venir :
« La tension de HUBBLE « Quèsaco ? »
En attendant, tournez bien en rond au fond de votre bocal, nageoires déployées, bouche ouverte et réfléchissez !
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« GOLDILOCKS EST A CONSOMMER AVEC PASSION OU MODERATION,
COMME IL VOUS SIED… »


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